Des centaines de Tibétains se sont rassemblés dans une région du sud-ouest de la Chine, dimanche 19 février, pour une veillée en hommage à un jeune moine bouddhiste qui s'était immolé par le feu quelques heures avant. Nangdrol, bonze de 18 ans, s'est transformé en torche humaine dans la province du Sichuan, criant "Tibet libre !", relate une ONG sur place.

Sa dépouille a été ramenée dans un monastère local, selon deux associations occidentales présentes au Tibet. Mais les moines ont refusé de remettre aux autorités le corps, autour duquel plus d'un millier de personnes se sont retrouvées dimanche soir, a précisé l'association International Campaign for Tibet. Huang, un responsable des autorités locales, a démenti qu'une immolation ait eu lieu, affirmant que "tout était en ordre normal" sur place.

La presse étrangère interdite au Tibet

En moins d'un an, 22 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire dans les zones tibétaines chinoises. Ces suicides publics sont un phénomène relativement nouveau, qui illustre le désespoir dû à la répression accrue menée par le pouvoir central.

Une nonne bouddhiste s'immole dans la ville tibétaine de Daofu, au nord-ouest de la Chine, le 22 novembre 2011.
Une nonne bouddhiste s'immole dans la ville tibétaine de Daofu, au nord-ouest de la Chine, le 22 novembre 2011.
(REUTERS)

Les Tibétains supportent de plus en plus mal les entraves à leurs pratiques religieuses et culturelles, ainsi que la présence grandissante dans leurs zones d'implantation historique des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine. De leur côté, les autorités chinoises ont empêché ces dernières semaines la presse étrangère de se rendre dans les régions tibétaines de Chine.

FTVi avec AFP