Photographie : la poésie de Manuel Alvarez Bravo au Jeu de Paume
Publié le 25/10/2012 à 09H30, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Manuel Alvarez Bravo, La buena fama durmiendo (La bonne renommée endormie), 1938
© Colette Urbajtel / Archivo Manuel Álvarez Bravo, s.c.Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
@valerieoddos
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Manuel Alvarez Bravo (1902-2002) a commencé à faire des photos au début des années 1920. Il s’est éteint dans sa cent-unième année. Il aura donc déployé son talent pendant près de quatre-vingts ans, même s’il s’est toujours considéré comme un « photographe du dimanche ». Dans les années 1920, il a connu Edward Weston et Tina Modotti, Diego Rivera. Il a exposé, plus tard, avec Henri Cartier-Bresson à New York, à Mexico. Il a fasciné André Breton.
Ondas de papel (Vagues de papier), vers 1928 © Colette Urbajtel / Archivo Manuel Álvarez Bravo, s.c.
Manuel Alvarez Bravo a détruit ses premières photos, les trouvant trop pittoresques. Il continue avec des images marquée par un grand souci graphique : un matelas enroulé, le soleil dans les rideaux, des papiers pliés, un jeu d’ombre et de lumière sur un échafaudage.
Au début des années 1930, il découvre Eugène Atget, qui a tant marqué les surréalistes. Il photographie les enseignes et les vitrines du centre de Mexico. Des mannequins drapés.
Obrero en huelga, asesinado (Ouvrier en grève, assassiné), 1934 © Colette Urbajtel / Archivo Manuel Álvarez Bravo, s.c.
Une des figures récurrentes de Manuel Alvarez Bravo est celle du gisant, avec son célèbre « Obrero en huelga, asesinado (Ouvrier en grève, assassiné, 1934). Moins crue, plus poétique, La buena fama durmiendo (La bonne renommée, endormie, 1938) est une commande d’André Breton : une jeune fille est allongée par terre, les pieds et les cuisses bandés.
Le nu est aussi un exercice fréquent : il segmente les corps, isolant des épaules, des fesses, cache en partie un corps derrière un drap étendu dans un jardin.
Los novios de la falsa luna (Les amoureux de la fausse lune), 1967 © Colette Urbajtel / Archivo Manuel Álvarez Bravo, s.c.
« Tout le pathétique mexicain est mis par lui à notre portée: où Alvarez Bravo s'est arrêté, où il s'est attardé à fixer une lumière, un signe, un silence, c'est non seulement où bat le coeur du Mexique mais où encore l'artiste a pu pressentir, avec un discernement unique, la valeur pleinement objective de son émotion », écrivait André Breton.
« La technique rigoureuse et précise (de la photographie) était sans doute celle qui menaçait le moins de s’interposer entre sa sensibilité et son œuvre. Une poésie discrète et profonde, une ironie désespérée et fine émanent des photos de Manuel Alvarez Bravo, comme les particules suspendues dans l’air qui rendent visible un rayon de lumière pénétrant dans une chambre obscure », disait Diego Rivera.
Manuel Alvarez Bravo (1902-2002), Un photographe aux aguets, Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris 8e
tous les jours sauf lundi, 25 décembre et 1er janvier
mardi 11h-21h, mercredi à dimanche : 11h-19h
tarifs : 8,5 € / 5,5 €
jusqu’au 20 janvier 2013




