Une poupée de 51 ans, qui ferait les courses et les tâches ménagères, en chantant à tue-tête "I'm a Barbie Girl, in a f.... world" ce n'est pas encore pour demain, mais au rythme où certains artistes comme
Carole Jung ont pris l'habitude de lui faire jouer le sale rôle de l'archétype féminin dans la société occidentale, la pauvre
Barbie risque de finir par maudire le monde dans lequel elle est née il y a plus d'un demi-siècle. Il faut dire que la fille plastique de Ruth Handler, la fondatrice de Mattel et créatrice de Barbie, a tout vu et tout entendu depuis sa naissance. Avec ses mensurations improbables à l'échelle humaine 95-45-82 elle est accusée d'être un fantasme d'adultes et non de petites filles, de fausser l'image de la femme et d'encourager l'anorexie. Selon l'essayiste américain
Jerry Oppenheimer, Barbie n'est qu'une "call-girl de luxe, à la taille ultra-fine, aux seins en obus et au visage enfantin". Bref, un article à vendre uniquement dans les sex-shop. Le comité souadien pour la promotion de la Vertu et la prévention du Vice voit même en elle un symbole de la décadence d'un Occident perverti, et
Hugo Chavez, le président vénézuélien, a lui été jusqu'à proposer que l'on fabrique des Barbies avec des traits latinos pour remplacer les Barbies bien trop américaines vendues dans les supermarchés du pays. En 2005, ses créateurs ont même tenté de salir un peu plus son image en annonçant sa séparation d'avec Ken, son amoureux de toujours, pour aller vivre avec un surfeur australien baptisé Blaine. De biens mauvaises manières qui auront alors tendance à accréditer l'image d'une Barbie volage chère aux Nuls de Canal +. Et pourtant, en France, Mattel vend chaque année 3 millions de ces poupées, à croire que la controverse et la parodie ne font qu'alimenter le mythe de cette égérie du jouet
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