Publié le 31/01/2012 à 09H40, mis à jour le 01/02/2012 à 15H09 0commentaires
On a appelé ça "Les événements" pendant des années. Puis on a nommé la chose par son nom : la guerre. Elle a fait 30.000 morts côté français, 300.000 côté algérien. Histoire tragique de la décolonisation opérée dans le sang. C'était il y a cinquante ans. Comment en parler? Qu'en dire? Il y a le temps du deuil. Celui du silence. De l'impossibilité.
A l'approche de la commémoration des accords d'Evian en mars et de l'Indépendance en juillet, des livres en parlent, des manifestations, des expositions, des conférences où des débats s'organisent.
Tour d'horizon (non exhaustif) des événements culturels qui parlent de la Guerre d'Algérie
L'exposition réunit 150 photographies en noir et blanc prises par Pierre Bourdieu entre 1958 et 1961, lors de son séjour en Algérie.
Galerie Stimultania à Strasbourg
Jusqu'au 12 février 2012
© Pierre Bourdieu
Pendant 10 jours projections et rencontres, autour de films d’origines, d’époques et de genres divers, produits depuis cinq décennies sur la guerre d’Algérie.
Forum des images
du 24 janvier au 2 février
© Forum des Images
L'art français de la guerre Alexis Jenni
Editions Gallimard 633 pages / 21 euros
© Batel / SIPA
350 photographies inédites, prises par des appelés français en Algérie entre 1954 et 1962.
L'Algérie en couleurs
Slimane Zeghidour, Tramor Quemeneur
Editions Les Arènes
192 pages / 29,80 euros
© Ed. Les Arènes
Le drame du 8 février 1962, à travers le témoignage de Maryse Douek-Tripier, 17 ans à l'époque
Dans l'ombre de Charonne
Alain et Désirée Frappier
Editions du Mauconduit
90 pages / 18,50 Euros
© Alain Frappier, Désirée Frappier / Les Arènes
17 octobre 1961. Vincent est un jeune chanteur dans un groupe de rock, "Les Gold Star", côté scène. Dans le privé Vincent s'appelle Mohand, il est Algérien. Cette BD mémorielle, hommage aux Algériens jetés à la Seine, est préfacée par l'historien Benjamin Stora, spécialiste de l'histoire algérienne.
Octobre noir
Daeninckx et Mako / Editions Ad Libris
13.50€ euros
© Daeninckx & Mako / Ad Libris
Monique Rivet a écrit "Le Glacis" dans les années 50 sans le publier. "Le Glacis, au nord de la ville, c'était une grande avenue plantée d'acacias qui séparait la ville européenne de la ville indigène ..."
Le glacis
Monique Rivet
Editions Métailié / 144 pages / 14 €
© Editions Métailié
Rencontres, débats, contes, concerts, parcours photo pour comprendre une histoire souvent douloureuse pour plusieurs générations d'Algériens et de Français.
Bibliothèque des champs libres à Rennes
Jusqu'à mai 2012
© DR
100 documents inédits en fac-similés qui rassemblent toutes les mémoires de ce conflit fratricide.
Editions des Arènes
B. Stora et T. Quemeneur
120 pages / 34,80 Euros
© Actes Sud
Le Mémorial de Caen et le Café des Images commémorent le 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie : projections, rencontres et débats.
Du 1er au 14 février 2012
© DR
Soirée exceptionnelle en prime time début mars sur france 2 : documentaire de Benjamin Stora et Gabriel Le Bonin rassemblant archives exceptionnelles de l'armée et images d'amateurs venues du côté algérien. La diffusion du documentaire sera suivie d'un débat.
© AFP / ARCHIVES
En savoir plus :
09/03/2012 | 18:52
Comme beaucoup de citoyens français, à part entière; j’ai l’immense crainte que le prochain débat relatif à cette guerre ne soit encore et invariablement réduit à une tribune offerte à des représentants de rapatriés et de fils et de filles d'harkis.
Aussi, dans un souci du respect du contradictoire et au nom de l'Histoire, il serait pour le moins nécessaire d'inviter, non pas seulement ces personnes, aussi louables soient-elles et des historiens, mais également des enfants de ces combattants algériens, qui ont vu à là la suite de ces évènements leur vie à jamais changer ...
De la même manière, il serait pas mal de dire quelques mots sur l'appui de ces algériens, qui déjà en 1917 avait apportés leurs concours à la France, espérant en retour leur indépendance.
En effet, bien des familles marocaines, algériennes, sénégalaises et autres, ont payé un très lourd tribu pour défendre notre grande nation et ses valeurs.
A titre d'exemple et dans ma propre famille, ce n'est pas moins de 17 membres sur 21 qui, en avril 1917 sont morts dans les Ardennes, dont certains à Verdun. Dans les 3 années qui suivirent la fin de la guerre, deux autres décéderont en raison des gaz moutardes ...
Ces gens là on en parle si peu ! Pourquoi une telle chape de plomb, y compris à une époque où l’on nous stigmatise parfois, un peu plus que de raison ?
Ceci est d'autant plus absurde et incompréhensible, lorsque l'on observe nos pays voisins nous montrer l'exemple. Lorsque l'on sait que ces personnes, à double culture sont peut-être nos meilleurs Ambassadeurs pour commercialiser nos produits et nos services hors de nos frontières !
Et, ici, je voudrais dire, en toute humilité à nos amis républicains qu’il est catégoriquement faux de laisser croire que ces personnes seraient pour bon nombre arrivées en France, à la suite de cette guerre. A titre d’exemple, mon père est arrivé en France en 1956 et le premier Préfet « musulman », issu de l'immigration a été Chérif Mecheri ..... en 1946 !
A cette suite, il eu l’honneur et l’immense privilège de devenir tour à tour conseiller spécial de deux Présidents, secrétaire général de l'Union française et secrétaire général à la Présidence de la république et ce pendant 10 années !
Au besoin, je tiens à votre disposition les homélies rendues par l’état français, dont la préfectorale ainsi que la Cour des comptes et vous l’aurez compris, je serais ravi d’être invité sur votre plateau, pour tenter de donner un autre visage à cette population française, un peu trop souvent occultée.
Très Cordialement.