dans A voir le 01/02/2012 à 11h38 0commentaires
Jean Paul Belmondo, l’Indochine et Marcel Camus:
Tout le monde a vu et se souvient de cette photo où l’on voit Jean Paul Belmondo descendre les Champs Elysées les mains dans les poches avec à ses côté la magnifique Jean Seberg. Il souffle dans cette célébrissime photo un vent d’impertinence et de liberté, c’est la marque de fabrique de Raymond Cauchetier, photographe de la Nouvelle Vague. Mais Raymond Cauchetier débute comme grand reporter en Indochine , à la fin de ce conflit, il rencontre au Cambodge Marcel Camus qui réalise un film sur place "Mort en fraude" et lui propose de venir sur le tournage. La vie de Raymond Cauchetier bascule.
Naissance du photographe de plateau:
Raymond Cauchetier devient photographe de plateau. Pendant dix ans il travaille avec les grands réalisateurs de la Nouvelle Vague: Melville, Truffaud, Godard, Tavernier, Chabrol. Son œil aiguisé lui permet de s’ imposer et il déclare « ce qui est bon pour le cinéma n l’ est pas forcément pour le photographe ». Alors il invente une nouvelle technique : il n’ hésite pas à, demander aux acteurs de rejouer une scène pour lui, c’est le cas pour Belmondo et Jean Seberg sur les Champs Elysées. Raymond Cauchetier a inventé un métier à part entière: photographe de plateaux de cinéma.
La liberté de jeanne Moreau:
Autre photo mythique de la Nouvelle vague: Jeanne Moreau , Oskar Werner et Henri Serre lors du tournage de Jules et Jim. La structure du pont suggère une cage dans laquelle il y a trois drôles d’oiseaux épris de liberté. Tout l’ intérêt réside dans le contraste entre la structure métallique et les attitudes des personnage. La tenue de Jeanne Moreau renforce encore cette idée. Amusez vous à retirer l’ architecture métallique du pont et la photo fonctionne trois fois moins bien. Raymond Cauchetier a su saisir le moment le plus intéressant. J' ai toujours adoré cette photo, un beau symbole de liberté.
La lumière du Cambodge et les souffrances du Vietnam:
En 1967 au Cambodge il réalise une photo qui repose entièrement sur un contre jour. Les personnages deviennent des formes noires comme ces tâches à l’encre de Chine des peintures asiatiques. En quelques éléments Raymond Cauchetier parvient à résumer un pays: Le buffle symbolise l’ agriculture , la femme légèrement déhanchée la fragilité et la sensualité, l’ enfant qui regarde le photographe: la démographie et l’ avenir. L ‘aspect symbolique de cette photo, quasi religieuse, est renforcé par la courbe des arbres et la forte lumière qui, encadrent la femme à l’enfant. Autre photo saisissante, au Vietnam il photographie celui qui filme: Pierre Schoendoeffer qui réalise le film « La section Anderson » pour lequel il obtiendra un Oscar. Deux personnages, le cinéaste au premier plan et celui du fond sont nets alors que les autres apparaissent comme des formes flous, une façon de souligner le fragilité des vies en temps de guerre. Raymond Cauchetier explique et suggèrent à la fois et une fois de plus il joue sur la notion de contraste.
Alexander Gronsky: la modernité chinoise dans la brune:
La galerie Polka présente en même temps le travail chinois « Mountains and Waters » du photographe estonien Alexander Gronsky, qui vit aujourd’hui à Moscou. Il est allé photographier les grandes mégalopoles chinoises mais il a su attendre qu’elles soient recouvertes de brume. Là encore, l’ intérêt réside dans le contraste entre ces villes en construction, symbole de modernité agressive et ces brumes symboles de tranquillité et de sagesse éternelle. Il fait donc le lien entre la Chine traditionnelle et celle d’aujourd’hui et ses paysages deviennent plus mentaux que descriptifs. En chinois, l’ idéogramme « montagne » et l’ idéogramme « eau » forment le mot « paysage », Alexander Gronsky ne l’ a pas oublié.
Galerie Polka: 12 rue Saint Gilles. 75003 paris.
http://www.bifi.fr/public/ap/article.php?id=208
http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-4668.html
À voir sur Culturebox :
Journaliste à France Télévisions, éditorialiste et réalisateur pendant dix ans de la revue de presse de Télématin, j’ai toujours travaillé autour de la culture et de l’art. Mon premier métier était d’ ailleurs archéologue et j’ai longtemps œuvré au service culture de France 2.
Des collaborations avec Bernard Rapp et Bernard Pivot ont encore aiguisé cet intérêt pour la culture. Aujourd’hui je vous propose ce blog sur les grandes expositions, l’art contemporain, le design, l’architecture et le street art pour vous faire partager mes découvertes, mes doutes et échanger avec vous. Partager, faire passer mon amour de l’art et des artistes est mon seul but.
TH
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