Au Portugal, les artistes contre l’austérité
Publié le 14/10/2012 à 13H50, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Place d'Espagne à Lisbonne, concert de protestation contre l'austérité (13 octobre 2012)
© Patricia de Melo MoreiraUn grand podium tendu de noir avait été installé sur la place d’Espagne, à Lisbonne, choisie sans doute pour signifier que le pays voisin partage le même sort que le Portugal, celui de la rigueur budgétaire.
Après la Cinquième symphonie de Beethoven, les groupes de musiciens se sont succédé sur scène toute la soirée. Le spectacle s’est terminé vers une heure du matin avec « Acordai » (réveillez-vous), une chanson du compositeur portugais Fernando Lopes Graça (1906-1994), connu pour son engagement contre lla dictature de Salazar. Elle a été chantée par un choeur en six langues européennes, notamment en grec, rapportait le site du Diario de Noticias.
"La troïka et le gouvernement dehors", clamait une grande banderole, contre l’UE, le FMI et la Banque centrale européenne, bêtes noires des manifestants, et contre le Premier ministre de centre droit, Pedro Passos Coelho. "Le Portugal en assez d'être volé et humilié", pouvait-on lire sur une petite affiche.
Une "manifestation culturelle"
Acceptées dans un premier temps avec résignation, les mesures de rigueur que le gouvernement met en oeuvre en échange d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011, et qu'il entend renforcer l'année prochaine, provoquent une montée du mécontentement populaire, inattendue et spontanée, échappant largement au contrôle des partis et des syndicats.
Les artistes réunis derrière le slogan « Culture et résistance » s’associaient ainsi au mécontentement qui s’exprime dans la rue au Portugal où des centaines de milliers de personnes sont descendues il y a un mois pour refuser l’austérité.
Le mouvement de mécontentement avait appelé à une « manifestation culturelle », avec des dizaines d’artistes en première ligne, dans une vingtaine de villes du pays.




